Au fil de l'autre

Carnet de notes de mes explorations: filage, tissage et teintures

Echarpe mohair et filés fantaisie (nr 88)

27.1.19 Rangement de début d'année: je retrouve les toutes premières pelotes de mohair kid (chevreau) que j'avais achetée en brocante sociale près de chez moi pour tester les teintures végétales. En 2012, je crois. Je ne pensais pas encore "laines locales" et "fibres nobles".

C'est le moment d'évaluer comment je peux le travailler avec le Jane de Louet, sur lequel je n'ai encore installé que quatre des huit cadres fournis avec le métier (histoire de me freiner dans mes élans: il faut savoir marcher avant de vouloir courir).

Installé une chaîne ("plié" en jargon tisserand) de 3 mètres et quelques sur 30 cm de large. Montée d'avant en arrière, malgré le conseil de la précieuse Betty sur le forum tricofolk, de ne PAS le faire car le passage dans le peigne et les lisses abîmerait la fibre. Le pliage d'arrière en avant reste laborieux pour moi, je ne sais pourquoi, je me trompe plus facilement dans les lisses et le peigne ensuite.

J'ai retenu les bons conseils de Brigitte alias Soleil du forumtricofolk, dont j'avais visité l'atelier en 2018 (éleveuse de chèvres angora, grande expérience avec le mohair): je n'ai calculé qu'une densité de 2 fils au cm.


Le "vilain" fil du commerce. Teint en cochenille chez moi.

Le peigne: solution

J'avais testé le passage des fils dans le peigne de 4 dents au cm avant de plier la chaîne, mais je n'avais pas testé le tassage. Aie! Quoi que je fasse (y compris asperger la chaîne d'amidon), le peigne repousse la part aérienne du fil vers les lisses, ce qui fait des bouboules de poils et bloque tout le travail. Vivement que je puisse acheter du mohair chez Soleil, par correspondance, car il est bien plus fin, plus élégant. Il passerait sans souci.

Lors du pliage, à chaque fois que j'avançais dans l'enroulage sur l'ensouple arrière, je voyais bien que je devais peigner les fils avec le peigne pour bien les séparer et que j'en tirais des touffes de poils. Je pensais que ce peignage avait libéré l'excès de poils vaporeux. Que nenni.

La chance sourit aux audacieux (ou aux ahuris qui se lancent avec 3 mètres de chaîne sans savoir où ils vont): j'ai encore un peigne à 2 dents par cm, acheté pour le Harp de Kromski, peigne envergeur. La constitution du Jane permet que je le substitue au peigne du métier de base. Voir photo. Je n'ai enfilé le fil que dans les fentes, bien sûr; sinon l'enfilage dans les orifices aurait changé l'effet des manettes. J'ai donc utilisé un peigne à 1 fil par cm, en gros...

J'ai pu tisser à l'aise, sans forcer, sans amidonner la suite de la chaîne.


Echantillon

Je teste des fils différents, dont des fils doubles et des fils avec soie, en sergé 2/2 ou en toile, en tassages divers.

Photo échantillon introuvable.


Echarpe finale

Photo introuvable itou.

Rajouter des franges

Distraction en fin de travail: j'ai coupé les franges d'un des côtés trop courtes. Solution: couper les autres au ras du travail, mais ce serait moche. Je vais en rajouter manuellement, comme on le fait sur des tricots. On verra un effet "noeuds". J'ai fait une lisière à l'italienne sur la première frange, lors du tissage. Je fais faire des noeuds en plus, pour harmoniser avec la série de franges ajoutées.

Pour voir en photos la procédure (blog anglophone)